La réalisation du Soi n’est ni l’abandon du monde ni celui de l’organisme physique et psycho/corporel.
Il n’y a rien à abandonner physiquement dans le monde.
C’est le mental discursif, celui qui raconte des histoires, qui doit entendre l’évidence, se relâcher et se déposer dans le cœur, en ce qui Est.
Ce que je suis est libre des pensées.
Notre vraie nature n’est concernée ni par le bonheur, ni par le malheur.
Et simultanément la vie de l’organisme suit son cours avec tout ce que cela comporte, il vit des sensations, des émotions, des réactions, des joies, des peines….
La réalisation ne « déshumanise » pas, elle rend plus humain. Car dans l’absence de résistance, l’amour et la douceur s’infiltrent au cœur de l’instant.
La réalisation du Soi ne met donc pas fin à tout ce que le mental estime négatif. Le corps peut être malade, des pensées de tristesse, de colère, de joie ou de bonheur peuvent affluer comme avant.
La réalisation amène simplement un autre regard sur ce qui se produit dans l’instant.
Ce regard est celui de l’Être, qui accueille et aime tout ce qui survient.
L’organisme peut continuer à refuser, il peut ne pas aimer, il ne lui est rien demandé de spécifique ni même de cesser de refuser car cela ne change rien à l’accueil en Soi. Sur un plan plus large l’accueil est déjà effectif.
Ce Regard en liberté est issu de la réalisation. Ce n’est pas un regard volontaire ou construit avec le but de ne plus souffrir.
Ce Regard n’est pas stratégique, il est notre nature profonde.
La souffrance y est intégrée dans l’instant, il n’y a plus de refus. Elle fait partie du décor, de la vie.
Dans cette évidence vécue, elle s’estompe généralement et naturellement mais ce n’est même pas recherché.
Simplement, le mental s’est établi dans cette réalité.
Il a cessé de combattre.
« C’est ainsi que cela est ».
Car, à quoi bon résister à ce qui est déjà là ?
Nous ne pouvons faire en sorte que cela n’apparaisse pas, nous pouvons simplement être Regard sur ce qui est déjà là.
L’homme libre est celui qui s’établit en cette « Grandeur », en cette « Splendeur ».
Il demeure en sa nature de Paix quels que soient les évènements traversés durant son existence.
C’est pourquoi nous parlons de Libération. Non d’une libération mentale pour « moi » telle que je le veux mais en Soi.
Car lorsque le refus s’en est allé, l’instant est tel qu’il est, il ne peut en être autrement.
Cette absence de résistance à l’instant est la Libération, l’amour en Soi.
