J’ai peur, même de la peur

Lorsque nous descendons en nous-même avec la plus grande honnêteté et ouverture, nous réalisons soudain que derrière la première envie « de surface » qui semble être à l’origine de nos actions et choix de vie, se cache souvent un moteur bien plus puissant : la peur !

Mais par « peur »  de la découvrir et de la vivre en nous, elle est si bien enfouie parfois qu’elle n’est même pas toujours conscientisée, reconnue et sentie :

Je désire gagner de l’argent car au fond de moi j’ai peur de manquer,

Je désire un/une partenaire de vie car au fond de moi j’ai peur d’être seul, peur de ne pas pouvoir subvenir à mes propres besoins,

Je désire éprouver une joie permanente car au fond de moi j’ai peur des émotions dites négatives qui m’habitent,

Je désire ressentir des sensations car au fond de moi j’ai peur du vide, du rien, de n’être rien,

Je désire séduire et être avenant avec les autres car au fond de moi j’ai peur de ne pas être aimé, reconnu, approuvé,

Je désire être éveillé car au fond de moi j’ai terriblement peur de souffrir, de mourir…

 

Puis vient ensuite la peur liée à l’idée de ne pas pouvoir acquérir tout cela, que ce soit dans un futur plus ou moins lointain,

Puis, quand l’objet de notre désir est enfin là, arrive la peur de le perdre.

Dans tous les cas la peur règne en maître.

 

Voyez ainsi que tout ce que nous avons ou cherchons à avoir ou expérimenter dans notre vie, maison, conjoint, santé, et même joie, tranquillité sont des éléments de sécurité existentielle imaginaire.

Car en réalité rien ne dure, rien n’est permanent, la nature même de la vie étant d’être en perpétuel mouvement.

L’orchestration de ce grand bazar ne dépend pas de nous, corps mental. Et il n’est personne pour être le « propriétaire » de quoi que ce soit.

Que ce soit à court ou à long terme, ce que nous appelons « nos » économies ne nous suivent pas dans la tombe !

C’est ainsi.

Qu’on cherche à donner un sens à tout cela n’y changera rien, qu’on refuse cela n’y changera rien, qu’on soit en colère n’y changera rien, qu’on cherche à contrôler ou retenir ce que l’on croit détenir n’y changera rien.

Ce qui arrive est inéluctable.

Se reposer un instant en cette vérité et commencer par respirer profondément.

Ne rien tenter de faire, ni modifier quoi que ce soit.

Doucement se laisser écouter, apprivoiser, embrasser la peur, ou plus précisément les sensations corporelles liées à la pensée de peur.

Sans but, si ce n’est la curiosité de l’enfant qui découvre ce qui est là.

Vous êtes alors présent à la peur.

En réalité vous êtes intensément présent à vous-même,

Cette intimité profonde suffit ou plutôt se suffit à elle-même.

Une écoute amoureuse de ce qui se présente, simplement cela,

Cela vit, cela vibre, c’est chaud, froid, cela picote.

L’écoute ne demande rien, n’attend rien, ne demande pas que la sensation liée à la peur s’évanouisse, elle est plein accueil de la palette sensorielle vivante.

Voyez là que la peur n’est pas quelque chose qui arrive à « moi » et qui fait dire « j’ai peur » mais plutôt un simple ressenti corporel.

Sentir la peur est finalement un instant sans peur.

 

Voyez alors que lorsque le corps est écouté en tant que simple sensation non étiquetée, l’intérieur et l’extérieur s’évanouissent, fusionnent en un espace infini appelé Présence qui enveloppe la sensation.

Une Présence immortelle.

Voyez que la sensation s’étale, s’étend et s’étire jusqu’à se dissoudre dans cette Présence.

A cet instant la peur est embrassée,

Plus de séparation aucune.

A cet instant la peur n’est plus.

En réalité elle n’a jamais été.

La Présence et son expression ont toujours été une seule et même réalité.

Ce qui Est.

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